mardi 25 novembre 2008

Semblabe dans la différence.

Vous avez remarqué, comme il est marrant de voir que personne n'est pareil? Ah non, ce n'est pas marrant, c'est tellement banal! Je dirais même que ce qui nous intrigue, c'est plutôt deux personnes indentiques. Au final, on a au moins tous un point commun : celui d'être tous différent. Ce qui est quand même fantastique : moi qui voulait initier un blog à destination des gens différents, voilà que j'ai initié un blog à destination de tout le monde.

Pour finir, la question qu'on peut se poser, c'est si ceux qui sont encore plus différents, ne sont pas finalement... encore plus normaux!?
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dimanche 9 novembre 2008

Tellement débile, tellement comme moi.

L'histoire ce passe il y a quelques années, durant les années lycées. Lorsque je rentrais chez moi, en bus, bien souvent, je me contentais de m'asseoir et d'attendre. Régulièrement, je discutais avec des camarades. Toujours, j'espérais vivre cette bien trop rare expérience, celle de la rencontre de moi avec moi, celle de la rencontre de moi avec ce jeune garçon.

Un jeune garçon, approximativement de mon âge, prenait également le bus pour rentrer chez lui. Il montait dans le bus après moi, et en descendait avant moi. Quand je l'ai vu la première fois, j'ai eu cette sensation étrange de me voir de l'extérieur. Il avait les mêmes gestes inélégants qui me caractérisent. On partageait ce même regard sur ce monde qui nous est étrangé, sur ce monde qui semble ne pas être fait pour nous. On avait la même façon d'être paniqué face à l'imprévu. Pour la première fois de ma vie, je rencontrais un semblable, un "comme moi", un martiens. Je me suis senti si bien. A partir de là, chaque fois que je prenais le bus, je n'avais qu'un souhait : qu'il soit là, présent, avec moi. J'étais toujours vers le milieu du bus, il était chaque fois à la première place. Il était toujours aussi "comme moi", c'était chaque fois un même plaisir de le voir. Pourtant hélas, jamais je n'ai osé aller à sa rencontre.
Ces courts instants où je n'étais plus sur terre mais sur ma planète se présentait régulièrement. Bien trop rarement à mon goût, mais régulièrement. Jusqu'au jours où le plaisir de le croiser s'est couplé d'une douleur...
On dit souvent que, à l'adolescence, les filles sont plus matures que les garçons. Je crois avoir rencontrer l'exception qui infirme la règle : un groupe de trois, peut-être quatre filles, avaient pris pour cible le jeune homme. Placées au fond du bus, elles ont trouvées à rire de lui. L'une d'elle à finie par dire "tu te rends compte, un accident, et tu te retrouve comme ça!". Je me suis senti tellement mal à ce moment, alors même que mes efforts étaient concentrés à tenter de rester un passager lambda de ce bus. Elle m'avait ouvert les yeux : ce garçon était ainsi suite à un accident. En effet, il allait dans ce qu'elles appelaient "le château", apparemment un centre de rééducation pour enfants handicapés, ayant un faible QI. Mais alors, jusqu'où étions-nous semblable? A partir d'où étais-je différent de lui? L'étais-je seulement? Comment pouvaient-elles lui avoir dit tout ça? Comment pouvaient-elles m'avoir dit tout ça? A partir de ce moment là, le voir ne représentait plus, pour moi, le même plaisir. Le voir ne me permettait plus de ne pas me sentir seul, le voir me rappelait au contraire a quel point j'étais seul.
Je n'ai que rarement rencontré d'autres personnes avec qui je me suis senti si parfaitement semblable. Comme les choses sont si mal faites : si je n'avais pas besoin d'en rencontrer, j'en rencontrerais à tous les coins de rues.

samedi 8 novembre 2008

Parce qu'il y a plusieurs façons d'être différent.

Si il n'y a qu'une façon d'être comme tous le monde(bon ok, c'est pas tout à fait exacte), il y a mille façons d'être différent. Ce blog ne pourrait donc parler de la différence en ce basant uniquement sur mon cas. C'est pourquoi ce blog va accueillir, dans quelques temps, un autre rédacteur, et peut-être d'autres par la suite.

dimanche 2 novembre 2008

La différence, c'est l'absence d'identité.

Certains vous parleront de la richesse que représente la différence. Peut-être ont-ils raisons.
Ne pas être comme tout le monde, c'est aussi avoir une identité, vous diront d'autres. C'est ne pas être un n-ième monsieur lambda. Eux par contre ont visiblement tords. Ne pas être comme tous le monde, c'est avant tous ne pas trouver d'identité. C'est ne pas savoir qui on est, ne pas savoir ce qu'on est. Il suffit, pour s'en rendre compte, d'observer la façon dont la société s'organise : en des groupes reposant sur des codes. Pour certains, c'est le costard cravate, pour d'autres la casquette à l'envers. Les bipèdes se regroupe aussi autour de goûts communs : un style musical, un sport, ... . C'est dans le groupe que l'identité nait. C'est au travers des autres, qu'un homme peut savoir qui il est. C'est ce qui explique, je pense, que les fonctionnaires soient attachés à leur statut spécial : c'est surement moins affaire de privilège qu'affaire d'identité. C'est sans doute aussi ce qui explique, au moins en parti, l'adolescent rebelle, le premier de la classe attaché à ses bonnes notes, ... .
C'est ici que les ennuis commencent pour celui dont l'identité est de ne pas être comme tous le monde. Au travers de qui, pourra-t-il apprendre à ce connaître, apprendre qui il est? Non, la différence n'est pas une identité comme une autre : la différence, aussi longtemps qu'elle n'est pas comprise par le sujet, est bien l'absence d'identité...